Archives Mensuelles: janvier 2012

ACTA, un accord qui menace la liberté sur internet.

ACTA est une offensive de plus contre le partage de la culture sur Internet. ACTA (pour Anti-Counterfeiting Trade Agreement ou accord commercial anti-contrefaçon) est un accord négocié secrètement de 2007 à 2010 par un petit « club » de pays (39 pays, dont les 27 de l’Union européenne, les États-Unis, le Japon, etc).Depuis de nombreux pays ont signés: les Etats-Unis, l’Australie, le Canada, la Corée du Sud, le Japon, le Maroc, le Nouvelle-Zélande et Singapour. L’Union Européenne, la Suisse, la Pologne et le Mexique n’ont pas encore apposé leurs signatures. Le traité doit encore être ratifié par le Parlement Européen, qui a jusqu’au 1er mai 2013 pour signer l’ACTA.

Cet accord vise officiellement à protéger la propriété intellectuelle au niveau international… Jusque là tout va presque bien. Mais, afin de vérifier que vous n’échangez aucun contenu soumis au droit d’auteur, ACTA va renforcer la surveillance tous azimuts. Les fournisseurs d’accès à internet devront vérifier toutes les données envoyées et reçues sur votre ordinateur. Il suffira de citer un article de presse dans un email ou d’envoyer un extrait de musique pour être pris la main dans le sac. Les informations seront alors envoyées à leur auteur et vous pourrez écoper à leur demande d’une amende voire d’une peine de prison.

Comme d’habitude, cet accord ne profitera qu’à une fraction d’industriels tels que les compagnies RIAA et MPAA (associations interprofessionnelles qui défendent les intérêts de l’industrie du disque et du cinéma). Ce sont leurs actions de lobbying auprès des pouvoirs politiques qui sont l’origine d’ACTA. Alors que les négociations se font dans le plus grand secret et la plus sombre opacité, à nouveau la démocratie est bafouée et ce sont des lois liberticides qui sont en passe de nous être imposées par des acteurs économiques.

Cette censure pourrait également donner les moyens de supprimer ou raréfier des informations gênantes comme cela se pratique déjà dans de nombreux pays, par le filtrage de contenus spécifiques, de mots clés, de sites Internet… Pour éviter cette strangulation, il s’agit de se mobiliser toutes et tous dans les rassemblements prévus le samedi 28 janvier pour dire non à :

 

  • La censure d’internet ;
  • La restriction de la liberté d’expression ;
  • La surveillance totale de toutes nos activités en ligne ;
  • La perte de libertés et droits civiques ;
  • La perte de connexion internet pour ceux qui enfreindraient les nouvelles règles ;
  • L’abandon d’un idéal de démocratie à des lobbies financiers

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Pour approfondir le sujet, nous vous conseillons tout d’abord de regarder cette vidéo —->Non à Acta

puis de lire les articles suivants : 

– Liberté internet : le projet ACTA fait suite à Pipa et Sopa. 

– La cyberguerre entre politiciens et Anonymous autour de ACTA. 

– Un dossier complet sur le sujet, réalisé par le site de La Quadrature du Net. 

 

 

Où vont les Indignés ?

Traduction de l’espagnol par les Indigné(e)s de Dunkerque de l’article écrit par Manuel Castells ¿ Adónde van ‘los indignados’ ? publié le 21/01/2012 sur lavanguardia.com.

Où vont les Indignés ?

Le mouvement des Indignés a surgi durant l’année 2011 en Espagne, en Europe, aux USA, et c’est une grande bouffée d’air frais dans un monde qui sent la pourriture. Ils ont questionné sur les réseaux sociaux et durant les campements ce que beaucoup de personnes pensent : que les banques et les gouvernements ont crée la crise et que ce sont les citoyens qui en souffrent ; que les politiques ne représentent plus qu’eux mêmes ; que les médias sont conditionnés ; et qu’il n’y a aucune voie pour que la protestation sociale se traduise en de véritables changements parce que dans la politique, tout est bien ficelé, surtout pour que ceux de toujours continuent à payer, et que les autres continuent à encaisser. C’est pour cela que depuis plusieurs mois des dizaines de milliers de personnes ont participé à ces assemblées et ces manifestations, et c’est pour cela que la majorité des citoyens (jusqu’à 73% en Espagne) partagent les critiques des Indignés. Et tout cela d’une manière pacifique, à l’exception de la violence des interventions policières excessives, dont les responsables ont été présentés au juge. Le mouvement a eu la maturité de lever les campements quand il a senti que les occupations ne menaient à plus rien, et que les assemblées quotidiennes voyaient défiler seulement les activistes les plus motivés.

Mais le mouvement n’a pas disparu, il s’est seulement fondu dans le tissu social, avec des assemblées de quartier, des actions de défense contre les injustices, comme l’opposition aux nombreuses expulsions de familles. Il a permis aussi d’étendre des pratiques économiques alternatives telles que les coopératives de consommation, les banques étiques, les réseaux d’échanges, et d’autres nombreuses manières de vivre différemment pour redonner du sens à la vie.

Même ainsi, le harcèlement médiatique, policier et politique dont a souffert le mouvement, qui à un certain moment est arrivé à provoquer la crainte chez les élites dirigeantes d’une possible contagion, a réussi à créer l’impression que le mouvement était resté limité à quelques jeunes idéalistes ou un peu trop exaltés. Il suffisait – se disaient-ils-  de faire semblant de ne rien entendre et de les laisser se fatiguer. Les partis de gauche eux,  ont pensé pêcher en eaux troubles pour réalimenter leurs troupes décroissantes, mais les nouveaux rebelles ont vite compris que ça n’est pas par là que se fera le changement qu’ils demandent. Malgré l’hostilité des pouvoirs factuels, le mouvement a continué, a maintenu ses délibérations en assemblées, dans les commissions et sur internet, et il continue de compter sur le soutien populaire quand surgissent des initiatives concrètes, qui sont le fruit du travail quotidien de ceux qui ne se sont pas résignés à ce que tout continu d’être pareil.

Même ainsi, la détermination de créer de nouvelles formes d’action transformatrice sans leadership formel et sans organisations bureaucratiques comporte des difficultés considérables pour le développement du mouvement. D’un côté, ça ne valait pas la peine d’arriver jusqu’ici pour de nouveau reproduire un modèle d’activisme qui a été un échec de manière récurrente. D’un autre côté, l’essentiel est le lien entre la délibération et l’action dans le mouvement et la connexion avec les 99% que le mouvement veut représenter. En cherchant de nouvelles voies, le mouvement du 15-M a crée un débat profond sur la manière de maintenir à la fois l’action et l’innovation de formes d’organisation et d’élaboration stratégique du propre mouvement. Le 19 décembre passé, après un débat en assemblée, la Commission d’Extension Internationale de la Puerta del Sol de Madrid a décidé de suspendre son activité et de se déclarer en « réflexion active indéfinie ». L’argument était le suivant :  » L’espace public que nous avons redécouvert a de nouveau été remplacé par une addition d’espaces privés… Le succès du mouvement dépend du fait que nous redevenions les 99%. Même si nous n’avons pas la réponse à ce qui viendra par la suite, ni sur la forme que peut prendre le renouveau dont nous avons besoin, nous comprenons que le premier pas pour échapper à une dynamique trompeuse est de rompre avec elle : arrêter, se poser, et définir de nouvelles perspectives ».

Même si cette attitude ne reflète pas nécessairement l’avis des autres assemblées et commissions du 15-M, elle est significative parce qu’elle met en évidence la capacité d’autocritique et d’autoréflexion qui caractérise ce mouvement. C’est seulement de cette manière que peut se construire un nouveau processus de changement qui ne va pas dénaturaliser ses objectifs de démocratie réelle dans les formes de son existence. Parce qu’arriver à un point voulu dépend de la manière qui est mise en oeuvre pour y arriver, quelque soit la nature des intentions. Si la question est comment se connecter avec les 99%, comment s’opère cette connexion ? L’essentiel de tout mouvement social est la transformation mentale des personnes : pouvoir imaginer d’autres formes de vie, rompre la subordination à la manipulation médiatique, partager en tant que groupe un même avis malgré la pluralité,  perdre la peur d’affirmer ses droits et ses opinions. Dans ce sens, il y a plusieurs indications qui montrent que les gens commencent à changer, que le mouvement du 15-M a rendu visible l’indignation et a alimenté l’espérance, et que même s’il y a une participation moindre aux assemblées des activistes, beaucoup de personnes dans leurs milieux sont entrain d’occuper leurs espaces quotidiens et essayent de chercher des liens avec d’autres expériences similaires. Ils voient clairement que le changement n’arrivera pas avec des élections comme celles-ci. Le triomphe du PP (droite conservatrice), magnifié par une loi électorale qui n’est pas représentative du vote, n’est pas réel (400.000 votes de plus qu’en 2008), mais surtout est une débâcle socialiste qui illustre la lassitude de la base envers leurs supposés représentants. Et il est clair aussi que la crise est entrain de s’aggraver sans que personne ne sache comment la gérer. Face à cela, les gens cherchent leurs propres solutions. En comptant sur des réseaux de solidarité à chaque fois plus nombreux. Et en appuyant les actions revendicatives où elles surgissent. Cette transformation mentale et ces multiples changements quotidiens peuvent s’activer à des niveaux plus larges, dans des formes qui sont encore à découvrir, à mesure que la normalité se brise. Il ne s’agit pas du vieux mythe communiste de l’écroulement soudain du capitalisme, mais simplement le fait de savoir que l’économie européenne se noie dans la récession, que la couverture sociale se dilue, que la politique s’embourbe et que les citoyens continuent d’être indignés et en sont à chaque fois plus conscients.

Le mouvement du 15-M existe dans cette conscience. Et, comme le ruisseau, il trouvera ses propres chemins jusqu’à devenir un torrent à mesure que la situation devienne de plus en plus critique. Et heureusement ! Car l’alternative à cette protestation pacifique et constructive n’est autre qu’une explosion violente et destructrice.

Nouvelle vidéo de la marche funèbre du 17/01/2012 pour la disparition de l’emploi.

©bimboomblaaah

Compte rendu de l’action “Occupons Pôle Emploi”

La marche funèbre organisée le 17/01/2012 par les Indignés de Dunkerque pour symboliser la disparition de l’emploi a été un franc succès.

Une vingtaine de personnes ont participé à cette action, pour accompagner le cercueil de l’emploi de la place Jean Bart jusqu’au Pôle Emploi des Bazennes, où nous avons rejoint des militants du Front de Gauche.

De nombreux médias étaient présents, ce qui nous a assuré une bonne couverture médiatique, et donc une plus grande diffusion de notre message sur le dunkerquois.

Il est nécessaire de rappeler que cela fut notre première action, et que nous en sommes très fiers. Il y a trois mois, lorsque les cinq premiers indignés se sont rassemblés pour lancer le mouvement sur Dunkerque, beaucoup étaient sceptiques sur la capacité du mouvement à perdurer et à imaginer de nouvelles formes d’actions. Nous leur démontrons aujourd’hui qu’ils ont eu tort.

Nous remercions par ailleurs tout ceux qui ont participé de près ou de loin à l’organisation de cette action, et nous espérons qu’elle en appellera d’autres très rapidement.

Pour terminer, nous vous mettons à disposition des articles qui ont été rédigés sur la  »marche funèbre » d’hier, ainsi qu’une vidéo tournée par nos propres soins.

– Article du Monde.fr : Au petit matin, la  »marche funèbre » des Indignés. 

– Delta.fm : Les Indignés ont enterré l’emploi

Notre vidéo sur YouTube 

Pourquoi s’indigner le 17 janvier 2012 ?

Demain 17 janvier 2012, nous allons réaliser notre première action « Occupons le Pôle Emploi » dans le cadre d’un appel national lancé par les Indignés et plusieurs syndicats, partis ou associations pour manifester notre colère face à la politique sociale du gouvernement.

Voici quelques unes de nos motivations :

L’emploi n’a jamais été un soucis du gouvernement :  Le bilan est éloquent : 4 510 000 chômeurs/ses en décembre 2011, soit une augmentation de 5,2% par rapport à l’an dernier. Il faut ajouter environ 500 000 personnes non-inscrites, radiées, en RSA forcé. Et ne pas oublier plus de 3,5 millions de précaires, 3 millions de temps partiel. (pour plus d’informations, lire cet article d’Alternatives Economiques)

En France, on casse des individus ! « Dans notre pays, pour 12 à 15 millions de personnes, les fins de mois se jouent à 50 ou 150 euros près. Ceux et celles qui ont consulté le formulaire en ligne pour bénéficier du RSA sont 18 millions. 45% des français, entre 35 et 44 ans, disent avoir déjà vécu une situation de pauvreté. Près de 10% de la population active est au chômage. Ce taux dépasse 20% pour les jeunes de 15 à 24 ans, et 40% dans certaines banlieues. […] La précarité n’est pas un concept. Ce sont des gens comme vous et moi, que le « système » laisse sur le bord de la route. » source Jean-Paul Delevoye, Reprenons-Nous ! 

La TVA sociale n’a rien de social ! Le gouvernement nous fait croire qu’elle va générer de l’emploi et qu’elle sera un frein aux délocalisations. C’est totalement faux ! La TVA sociale consiste à substituer proportionnellement une baisse des cotisations patronales par une hausse de la TVA. Cela signifie entre autre que le financement d’une partie de la sécurité sociale serait à charge du consommateur final via la TVA au lieu d’être financée par les entreprises au moyen des cotisations sociales. (pour plus d’information lire cet article : TVA Sociale, les prix montent, les salaires baissent)

Le Service Public du Pôle Emploi se dégrade année après année et l’accompagnement du chômeur se déshumanise.    La situation devient très préoccupante, beaucoup de conseillers tirent la sonnette d’alarme sur les conditions de travail aux Pôles Emplois qui entament la qualité du service, et se répercutent sur le demandeur d’emploi.  (Lire ce témoignage de Patricia Apicella)

Il faut arrêter de culpabiliser le chômeur sur sa situation. Le chômage est un phénomène collectif, non individuel. L’Etat entretien cette image pour dégager sa responsabilité, alors que le chômage est un outil économique précieux et qu’il est, de ce fait, voulu et même planifié. (lire cet article sur le Nairu).

Vous ne pouvez plus ignorer la réalité ! Il ne s’agit plus de nous regarder, REJOIGNEZ-NOUS ! Nous avons besoin d’un grand rassemblement citoyen pour défendre nos droits, et obtenir de nouveaux acquis !

Cela commence demain, mardi 17 janvier ! Venez participer à notre action qui partira de la Place Jean Bart à 8h15 pour rejoindre le Pôle Emploi rue des Bazennes à 9h. 

Nous vous attendons nombreux.

Les Indigné(e)s de Dunkerque. 

Action du 17/01/2012 : « Occupons le Pôle Emploi »

À la veille du « sommet pour l’emploi » de Nicolas Sarkozy, les Indignés invitent tous les chômeurs et précaires à participer à un mouvement national d’occupation de certaines agences du Pôle Emploi le mardi 17 janvier.

Vous trouverez ci-dessous le descriptif de notre action et nos motivations.

Faire Part Indigné

Communiqué des Indigné-e-s de Dunkerque.

“Ce n’est pas un signe de bonne santé que d’être bien adapté à une société profondément malade” Jiddu Krishnamurti philosophe indien.

La revue anglaise Times a visé juste lorsqu’elle a élu comme personnalité la plus importante de cette année « The Protester », « Le Protestataire ». Car 2011 a été l’année du soulèvement citoyen, à la fois éclairé et pacifique, qui prit naissance d’abord en Islande, puis s’est diffusé dans le Monde Arabe (Tunisie, Maroc, Egypte, Syrie, Bahreïn,etc), en Europe (Grèce, Portugal, Espagne, Irlande, Italie, Belgique, Allemagne, France), mais aussi de l’autre côté de l’Atlantlique (USA, Chili, Brésil, etc) et émergeant désormais en Asie (Chine, Inde, Japon,etc)

L’émergence d’une conscience citoyenne s’élève en dépit du silence complice des médias traditionnels. C’est donc par la voie des médias alternatifs et des réseaux sociaux comme Facebook et Twitter que l’indignation des peuples est une force qui est parvenue à s’étendre au monde entier.

Nous citoyennes et citoyens du dunkerquois, nous nous devions de créer le mouvement des Indignés dans notre ville. Nous n’appartenons à aucun parti politique, aucun syndicat, aucune institution; nous sommes de tous âges, de toutes catégories sociales confondues. Nous sommes pacifiques et fonctionnons de manière horizontale et autogérée. Nous considérons que la place publique est un haut lieu de rencontres, d’agora, de démocratie directe. Nous agissons au travers d’assemblées populaires pour lui rendre ce rôle oublié de tous ; Nous voulons vivre pleinement notre citoyenneté.

Nous sommes fatigués de nous plaindre dans notre quotidien sans apporter de réponse aux enjeux globaux qui le détermine, cela n’a aucun sens et ne fera jamais bouger les choses. Nous sommes fatigués d’être accablés par la crise, les plans de rigueur, l’injustice sociale, le massacre de notre éducation et de notre système de santé. Nous rejetons ce système qui privilégie les profits avant l’humain, qui détruit les droits des travailleurs et ne laisse aucune chance aux plus démunis. Nous sommes indignés par cette classe politique, qu’elle soit de gauche ou de droite, dont la seule préoccupation est de rassurer les agences de notations et les marchés financiers avant de rassurer les citoyens qui les ont élus ! 

C’est pourquoi depuis le 16 novembre 2011 nous nous réunissons chaque mercredi à 19h Place Jean Bart. Au départ nous étions cinq, puis dix, la semaine suivante une trentaine… Nous nous rendons compte au fil du temps que nous ne sommes pas seuls à vouloir être acteur du changement, et vous non plus maintenant !

Mais cela ne suffit pas, nous voulons accueillir un maximum de personnes, pour rendre le débat plus riche et plus représentatif, pour renforcer ce mouvement démocratique et ainsi avoir plus de poids et de visibilité sur le dunkerquois.

 Il ne s’agit plus de nous regarder et d’être passif, mais de nous rejoindre et de participer à ce grand mouvement citoyen d’ampleur internationale.

Nous vous invitons à assister à nos assemblées tous les mercredis à 19h Place Jean-Bart, de diffuser cette information à vos différents réseaux et de vous informer sur le mouvement en consultant les pages suivantes :

facebook : les indignés de dunkerque ( http://facebook.com/indignes.dunkerque )

twitter : indignés dunkerque ( https://twitter.com/#!/AcampadaDunkerq )

        Les indigné-e-s de Dunkerque