Archives de Catégorie: Revue de Presse Indignée

Le Gouvernement sauve les banques ; le 15-M les citoyens.

Luis G. San Miguel, Público.es 

Plusieurs collectifs proches du mouvement des Indignés espagnols mettent en marche le  »Plan de sauvetage citoyen » pour  »appuyer et amplifier les actions directes pour obtenir le changement ».

Parallèlement à la célébration de son anniversaire durant les mobilisations du 12M-15M, le mouvement des indignés a réussi à donner un grand pas en avant en présentant une feuille de route basée sur cinq revendications centrales : 1) Pas un euro de plus pour sauver les banques; 2) Services publics de qualité pour l’éducation et la santé; 3) Non à la précarité du monde du travail; 4) Pour la garantie d’un logement digne; 5) Transparence, démocratie en réseau et libertés citoyennes.

Ces exigences, qui étaient déjà de fait les axes de travail sur lesquels se basaient les différents mouvements jusqu’aujourd’hui et qui nous proviennent du mouvement de Barcelone, ont été acceptées par les indignés à travers tout le pays.

Maintenant, pour continuer d’avancer dans cette direction et de stimuler de nouvelles mobilisations, différents collectifs proches du 15-M ont organisé une campagne  »Plan de Sauvetage Citoyen »; avec comme devise « sauvons les citoyens, pas les banques ».

Pendant que le Gouvernement du PP (Parti Populaire) annonçait que la banque Bankia recevra 7.500 millions de plus de l’Etat, après les 4.5000 millions qui y ont déjà été injectés, et que les bureaux de La Caixa de Barcelone continuent d’être chaque jour entourées par des centaines d’indignés armés de casseroles, le mouvement a décidé de mettre en marche cet outil, qui  »met en réseau, appuie et amplifie les collectifs qui proposent des actions directes pour obtenir le changement ».

Pour le moment, l’initiative a été impulsée par les Réseaux DRY (Démocratie Réelle Maintenant), un groupe de travail à l’intérieur de la plateforme Démocratie Réelle Maintenant, et avec la collaboration de la Plateforme des Victimes des Hypothèques, le collectif Madrilonia et les Iaioflautas. De plus, selon des sources proches du mouvement, d’autres collectifs pourraient se rapprocher de l’initiative comme la Oficina Precaria (le Bureau de la Précarité) et Juventud Sin Futuro (Jeunesse sans Futur).

Selon un communiqué publié sur le site de Redes Dry, ces derniers avancent :  »nous avons vu sur la place durant le 12M-15M le désir d’obtenir des victoires concrètes et de focaliser notre capacité de travail vers celles-ci. Nous avons besoin de catalyseurs pour articuler ces processus et c’est pour cela que nous proposons cet outil aux citoyens et à tout le mouvement du 15-M ».

Le même communiqué explique,  »nous croyons que les points de revendications qui ont été approuvés à Barcelone, sont un bon point de départ pour construire une alliance entre des groupes spécifiques, les collectifs et les initiatives sociales qui pourront se connecter et permettre que les luttes soient transversales ». De cette manière, « en profitant du travail qui a été développé par les différents agents sociaux, nous travaillerons avec différents collectifs autour des cinq axes pour réaliser des campagnes et des actions concrètes ».

L’initiative, encore à l’état embryonnaire, a déjà reçu un accueil favorable sur les réseaux sociaux. Sur Twitter le hashtag #planderescateciudadano (plan de sauvetage citoyen) a réussi à être l’un des thèmes les plus commentés en Espagne.

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Quel est le plan de sauvetage que propose le 15-M ?

Pas un euro de plus pour sauver les banques : au lieu de sauver les banquiers, construisons et soutenons une banque éthique, lavée de toute corruption, qui ne se base pas sur la spéculation, et qui réponde aux nécessités de la population.

Services publics de qualité pour l’éducation et la santé: quand des coupures budgétaires se réalisent pour l’éducation et la santé, c’est le bien être de toutes les personnes qui est attaqué. Les coupures budgétaires sont des actes criminels, absolument évitables. L’éducation et la santé sont un investissement, pas une dépense.

Non à la précarité du monde du travail : reconnaître que la richesse se produit de manière coopérative et qu’il est nécessaire de la répartir d’une forme juste pour construire un autre modèle productif.

Pour la garantie d’un logement digne : il est nécessaire d’exiger la fin des abus de la spéculation immobilière et que l’accès au logement constitue un droit indépendant de la condition économique des personnes.

Transparence, démocratie en réseau et libertés citoyennes : articuler une politique de transparence avec l’utilisation d’outils pratiques de participation et de coopération en réseau, ce qui signifie de réinventer la démocratie.

propositions en ligne (en espagnol) http://www.planderescateciudadano.net/


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Revue de presse de la semaine du 30 janvier au 5 février 2012

Par Occupy France

Cette semaine en France, les sujets et les actions de mobilisation continuent à ne pas manquer :

Le nombre de mal logés ne cesse d’augmenter (Le Monde), la démocratie européenne n’a jamais fonctionné de façon aussi opaque (compte rendu du livre Circus Politicus de Christophe Deloire et Christophe Dubois dansL’Express), la liberté sur Internet est toujours menacée ( manifestation anti-ACTA à Toulouse),  ce que dénoncent, entre autres, les Anonymous, par exemple en redécorant la façade de la Hadopi (Rue 89).

Le mouvement Occupy et les Indignés poursuivent leurs actions : 80 agents de l’Office national des Forêts occupent leurs locaux pour protester contre leurs conditions de travail (Libération) ; les Indignés de Saint-Brieuc publient et diffusent leur manifeste.

Partout dans le monde, la mobilisation est palpable, concrète, qu’il s’agisse de la grève générale contre l’austérité imposée en Belgique, de la contestation anti-Poutine en Russie, des manifestations anti-ACTA en Pologne, où la ratification du traité a finalement été suspendue. En Grèce, les Anonymous attaquent le site Internet du ministère de la justice,  pour protester contre la politique d’austérité et le muselage programmé de la Toile (Le  Monde).

La détermination des militants Occupy et Indignés de par le monde reste puissante et inébranlable.

ACTA, un accord qui menace la liberté sur internet.

ACTA est une offensive de plus contre le partage de la culture sur Internet. ACTA (pour Anti-Counterfeiting Trade Agreement ou accord commercial anti-contrefaçon) est un accord négocié secrètement de 2007 à 2010 par un petit « club » de pays (39 pays, dont les 27 de l’Union européenne, les États-Unis, le Japon, etc).Depuis de nombreux pays ont signés: les Etats-Unis, l’Australie, le Canada, la Corée du Sud, le Japon, le Maroc, le Nouvelle-Zélande et Singapour. L’Union Européenne, la Suisse, la Pologne et le Mexique n’ont pas encore apposé leurs signatures. Le traité doit encore être ratifié par le Parlement Européen, qui a jusqu’au 1er mai 2013 pour signer l’ACTA.

Cet accord vise officiellement à protéger la propriété intellectuelle au niveau international… Jusque là tout va presque bien. Mais, afin de vérifier que vous n’échangez aucun contenu soumis au droit d’auteur, ACTA va renforcer la surveillance tous azimuts. Les fournisseurs d’accès à internet devront vérifier toutes les données envoyées et reçues sur votre ordinateur. Il suffira de citer un article de presse dans un email ou d’envoyer un extrait de musique pour être pris la main dans le sac. Les informations seront alors envoyées à leur auteur et vous pourrez écoper à leur demande d’une amende voire d’une peine de prison.

Comme d’habitude, cet accord ne profitera qu’à une fraction d’industriels tels que les compagnies RIAA et MPAA (associations interprofessionnelles qui défendent les intérêts de l’industrie du disque et du cinéma). Ce sont leurs actions de lobbying auprès des pouvoirs politiques qui sont l’origine d’ACTA. Alors que les négociations se font dans le plus grand secret et la plus sombre opacité, à nouveau la démocratie est bafouée et ce sont des lois liberticides qui sont en passe de nous être imposées par des acteurs économiques.

Cette censure pourrait également donner les moyens de supprimer ou raréfier des informations gênantes comme cela se pratique déjà dans de nombreux pays, par le filtrage de contenus spécifiques, de mots clés, de sites Internet… Pour éviter cette strangulation, il s’agit de se mobiliser toutes et tous dans les rassemblements prévus le samedi 28 janvier pour dire non à :

 

  • La censure d’internet ;
  • La restriction de la liberté d’expression ;
  • La surveillance totale de toutes nos activités en ligne ;
  • La perte de libertés et droits civiques ;
  • La perte de connexion internet pour ceux qui enfreindraient les nouvelles règles ;
  • L’abandon d’un idéal de démocratie à des lobbies financiers

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Pour approfondir le sujet, nous vous conseillons tout d’abord de regarder cette vidéo —->Non à Acta

puis de lire les articles suivants : 

– Liberté internet : le projet ACTA fait suite à Pipa et Sopa. 

– La cyberguerre entre politiciens et Anonymous autour de ACTA. 

– Un dossier complet sur le sujet, réalisé par le site de La Quadrature du Net. 

 

 

Où vont les Indignés ?

Traduction de l’espagnol par les Indigné(e)s de Dunkerque de l’article écrit par Manuel Castells ¿ Adónde van ‘los indignados’ ? publié le 21/01/2012 sur lavanguardia.com.

Où vont les Indignés ?

Le mouvement des Indignés a surgi durant l’année 2011 en Espagne, en Europe, aux USA, et c’est une grande bouffée d’air frais dans un monde qui sent la pourriture. Ils ont questionné sur les réseaux sociaux et durant les campements ce que beaucoup de personnes pensent : que les banques et les gouvernements ont crée la crise et que ce sont les citoyens qui en souffrent ; que les politiques ne représentent plus qu’eux mêmes ; que les médias sont conditionnés ; et qu’il n’y a aucune voie pour que la protestation sociale se traduise en de véritables changements parce que dans la politique, tout est bien ficelé, surtout pour que ceux de toujours continuent à payer, et que les autres continuent à encaisser. C’est pour cela que depuis plusieurs mois des dizaines de milliers de personnes ont participé à ces assemblées et ces manifestations, et c’est pour cela que la majorité des citoyens (jusqu’à 73% en Espagne) partagent les critiques des Indignés. Et tout cela d’une manière pacifique, à l’exception de la violence des interventions policières excessives, dont les responsables ont été présentés au juge. Le mouvement a eu la maturité de lever les campements quand il a senti que les occupations ne menaient à plus rien, et que les assemblées quotidiennes voyaient défiler seulement les activistes les plus motivés.

Mais le mouvement n’a pas disparu, il s’est seulement fondu dans le tissu social, avec des assemblées de quartier, des actions de défense contre les injustices, comme l’opposition aux nombreuses expulsions de familles. Il a permis aussi d’étendre des pratiques économiques alternatives telles que les coopératives de consommation, les banques étiques, les réseaux d’échanges, et d’autres nombreuses manières de vivre différemment pour redonner du sens à la vie.

Même ainsi, le harcèlement médiatique, policier et politique dont a souffert le mouvement, qui à un certain moment est arrivé à provoquer la crainte chez les élites dirigeantes d’une possible contagion, a réussi à créer l’impression que le mouvement était resté limité à quelques jeunes idéalistes ou un peu trop exaltés. Il suffisait – se disaient-ils-  de faire semblant de ne rien entendre et de les laisser se fatiguer. Les partis de gauche eux,  ont pensé pêcher en eaux troubles pour réalimenter leurs troupes décroissantes, mais les nouveaux rebelles ont vite compris que ça n’est pas par là que se fera le changement qu’ils demandent. Malgré l’hostilité des pouvoirs factuels, le mouvement a continué, a maintenu ses délibérations en assemblées, dans les commissions et sur internet, et il continue de compter sur le soutien populaire quand surgissent des initiatives concrètes, qui sont le fruit du travail quotidien de ceux qui ne se sont pas résignés à ce que tout continu d’être pareil.

Même ainsi, la détermination de créer de nouvelles formes d’action transformatrice sans leadership formel et sans organisations bureaucratiques comporte des difficultés considérables pour le développement du mouvement. D’un côté, ça ne valait pas la peine d’arriver jusqu’ici pour de nouveau reproduire un modèle d’activisme qui a été un échec de manière récurrente. D’un autre côté, l’essentiel est le lien entre la délibération et l’action dans le mouvement et la connexion avec les 99% que le mouvement veut représenter. En cherchant de nouvelles voies, le mouvement du 15-M a crée un débat profond sur la manière de maintenir à la fois l’action et l’innovation de formes d’organisation et d’élaboration stratégique du propre mouvement. Le 19 décembre passé, après un débat en assemblée, la Commission d’Extension Internationale de la Puerta del Sol de Madrid a décidé de suspendre son activité et de se déclarer en « réflexion active indéfinie ». L’argument était le suivant :  » L’espace public que nous avons redécouvert a de nouveau été remplacé par une addition d’espaces privés… Le succès du mouvement dépend du fait que nous redevenions les 99%. Même si nous n’avons pas la réponse à ce qui viendra par la suite, ni sur la forme que peut prendre le renouveau dont nous avons besoin, nous comprenons que le premier pas pour échapper à une dynamique trompeuse est de rompre avec elle : arrêter, se poser, et définir de nouvelles perspectives ».

Même si cette attitude ne reflète pas nécessairement l’avis des autres assemblées et commissions du 15-M, elle est significative parce qu’elle met en évidence la capacité d’autocritique et d’autoréflexion qui caractérise ce mouvement. C’est seulement de cette manière que peut se construire un nouveau processus de changement qui ne va pas dénaturaliser ses objectifs de démocratie réelle dans les formes de son existence. Parce qu’arriver à un point voulu dépend de la manière qui est mise en oeuvre pour y arriver, quelque soit la nature des intentions. Si la question est comment se connecter avec les 99%, comment s’opère cette connexion ? L’essentiel de tout mouvement social est la transformation mentale des personnes : pouvoir imaginer d’autres formes de vie, rompre la subordination à la manipulation médiatique, partager en tant que groupe un même avis malgré la pluralité,  perdre la peur d’affirmer ses droits et ses opinions. Dans ce sens, il y a plusieurs indications qui montrent que les gens commencent à changer, que le mouvement du 15-M a rendu visible l’indignation et a alimenté l’espérance, et que même s’il y a une participation moindre aux assemblées des activistes, beaucoup de personnes dans leurs milieux sont entrain d’occuper leurs espaces quotidiens et essayent de chercher des liens avec d’autres expériences similaires. Ils voient clairement que le changement n’arrivera pas avec des élections comme celles-ci. Le triomphe du PP (droite conservatrice), magnifié par une loi électorale qui n’est pas représentative du vote, n’est pas réel (400.000 votes de plus qu’en 2008), mais surtout est une débâcle socialiste qui illustre la lassitude de la base envers leurs supposés représentants. Et il est clair aussi que la crise est entrain de s’aggraver sans que personne ne sache comment la gérer. Face à cela, les gens cherchent leurs propres solutions. En comptant sur des réseaux de solidarité à chaque fois plus nombreux. Et en appuyant les actions revendicatives où elles surgissent. Cette transformation mentale et ces multiples changements quotidiens peuvent s’activer à des niveaux plus larges, dans des formes qui sont encore à découvrir, à mesure que la normalité se brise. Il ne s’agit pas du vieux mythe communiste de l’écroulement soudain du capitalisme, mais simplement le fait de savoir que l’économie européenne se noie dans la récession, que la couverture sociale se dilue, que la politique s’embourbe et que les citoyens continuent d’être indignés et en sont à chaque fois plus conscients.

Le mouvement du 15-M existe dans cette conscience. Et, comme le ruisseau, il trouvera ses propres chemins jusqu’à devenir un torrent à mesure que la situation devienne de plus en plus critique. Et heureusement ! Car l’alternative à cette protestation pacifique et constructive n’est autre qu’une explosion violente et destructrice.

Revue de presse indignée du 09/12/11

Edgar Morin nous parle du « bien-vivre », du rythme de vie occidentale qui nous aveugle, de l’espoir de changement qui est en marche dans Terra Eco.

Un article qui propose une réflexion sur le mouvement des indignés en France sur Wasmag. Trop utopiste ? Flou des revendications ? Approche des élections qui canalisent l’indignation ? L’auteur revient sur les éventuelles causes qui font que le mouvement est moins important en France.

Alice, 25 ans, fait partie de ces jeunes ultra-diplômés qui vivent dans la précarité. Après six années d’études à Sciences-Po et de vaines recherches d’emploi, elle est aujourd’hui en stage dans une ONG et n’a pas les moyens de se loger. Témoignage sur France Culture. 

Pour terminer, le témoignage de Jean Jouzel sur Libération, qui revient sur l’échec des négociations lors de la conférence pour la lutte contre le réchauffement climatique de Durban.

Revue de presse indignée du 30/11/11

José Bové prêt à retourner arracher des plants OGM, Les Anonymous qui jouent à Robin des Bois, la Chine prête à s’indigner… Voici la revue de presse indignée d’aujourd’hui !

Anonymous et Pirate menacent les banques.

Interview de José Bové qui revient sur la décision du Conseil d’Etat pour l’autorisation de la culture d’OGM en France.

Des Indignés à la chinoise.

La Police de LA refuse de déloger des « indignés ».

Réflexion sur le mouvement des Indignés.

Royaume-Uni : vers une grève historique du secteur public.

France : un rapport d’Amnesty International accable la police française.

 

 

Revue de presse indignée du 29/11

Une petite rubrique pour diffuser les informations qui nous indignent et que vous n’allez pas forcément entendre ou lire dans les grands médias nationaux… 

– La répression du mouvement des Indignés qui campent à la Défense sur Politis 

– L’appel à Durban, où a lieu la conférence sur le climat, des pays les plus vulnérables au changement climatique sur Libération

– Agriculture : la pratique ancestrale de la semence bientôt sanctionnée sur le Monde

– Le Mouvement des Indignés de Boston sur Bastamag  

– Une réflexion d’un historien sur notre rapport aux énergies fossiles sur Le Monde.  

Si vous avez des articles, ds vidéos, des émissions de radios à conseiller, n’hésitez pas à nous écrire pour que nous les diffusions.